TOURTURE : Le Sénégal épinglé par un rapport de l’Onu

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Le Sénégal a été épinglé dans le rapport 2018 du Comité des Nations-Unies contre la torture. Il est reproché au Sénégal l’usage excessif de la violence, les bavures récurrentes des forces de l’ordre, le recours disproportionné à la violence, le non-respect des droits des détenus…

Le Comité a évoqué l’affaire Mouhamadou Fallou Séne, cet étudiant de l’université Gaston Berger tué par balle le 15 mai 2018 lors d’une manifestation pour revendiquer la bourse d’études. Le Comité des Nations-Unies contre la torture a demandé à l’Etat du Sénégal de mener une enquête approfondie et impartiale sur ce cas. Egalement sur le meurtre de Bofa Bayotte, le Comité a regretté le refus du droit de visite aux familles des détenus.

En rappel, le Sénégal a été examiné les 25 et 26 avril 2018 par le Comité des Nations-Unies contre la torture. La RADDHO  a été la seule organisation au plan national présente à Genève pour présenter son rapport alternatif. « A Genève, notre organisation a rencontré et travaillé avec les membres du Comité en leur fournissant des informations solides basées sur des allégations de torture, de mauvais traitements, de violations des droits de l’homme, de violations des droits des détenus etc. Ce rapport a été élaboré en partenariat avec l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT). Les réformes entreprises par le Sénégal dans certains secteurs ont également été évoquées », a déclaré le secrétaire général de la RADDHO, Sadikh Niasse.

A Genève, l’envoyé spécial de la RADDH0 chargé de présenter le rapport alternatif, Senghane Senghor a aussi mis l’accent sur la récurrence des interdictions de manifestations pacifiques au Sénégal. Des rassemblements souvent  réprimés dans la violence par les forces de l’ordre qui utilisent  parfois des forces disproportionnées par rapport aux manifestations.

La RADDHO, avait formulé une batterie de recommandations dont la prise de mesures législatives pour criminaliser spécifiquement la torture, en incluant tous les éléments inscrits à l’article 1er de la Convention contre la torture. Aussi, le renforcement dans le projet de réforme pénale des sanctions contre la torture, proportionnelles à la gravité des actes commis.

Sur la base des informations contenues dans le rapport alternatif et d’autres informations parallèles produites par des représentants au plan national, le Comité avait interpellé la délégation du gouvernement sénégalais présente à Genève. Une série de questions dont notamment la garde-à-vue et les garanties de procédure, la détention préventive, les peines alternatives à la privation de liberté, les conditions carcérales, l’indépendance de la justice, avait été adressée à la délégation du gouvernement sénégalais par les experts du Comité. Les représentants du gouvernement ont eu à répondre sur certaines questions et ont demandé plus de temps pour répondre aux autres.

Le Comité a par la suite, adressé plusieurs recommandations au Sénégal dans le sens de parfaire sa législation en matière de détention, en matière de prévention de la torture, de la gestion de l’observatoire des prisons et du rôle que le Comité sénégalais des droits de l’homme devrait jouer dans la prévention contre la torture, entre autres.

Les remontrances du Comité des Nations Unies contre la torture sont une énième entache faite à la démocratie sénégalaise rudement mise à l’épreuve dernièrement.

Infosansfrontieres.com

 

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