LUTTE CONTRE L’EXCISION: Pourquoi la pratique persiste toujours à Ziguinchor et ailleurs au Sénégal

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Malgré une lutte qui s‘intensifie, l’excision est toujours pratiquée à une vaste échelle dans la partie méridionale du Sénégal (en Casamance). Les raisons avancées pour expliquer la persistance d’un tel fléau sont de plusieurs ordres : la religion, le legs des aïeuls et la culture. «Comme la pratique de l’excision est interdite par la loi, on le fait dans la plus grande discrétion pour échapper aux sanctions», confie une dame qui habite la commune de Djignacky, une localité située dans le département de Bignona.

Nd. Diatta, originaire de la localité de Koubanao, soutient l’excision et souligne : « L’Occident veut nous séparer d’une pratique très ancienne de nos ancêtres. On ne peut pas se lever, du jour au lendemain, pour abandonner l’excision. Ce n’est pas possible. Ils font des campagnes de sensibilisation et rencontrent les exciseuses. Mais, au finish, ils n’auront pas le résultat escompté. Car ce sont ces mêmes personnes (Ndlr: les exciseuses) qui reviennent pour exciser les filles ».

M.S, un Sénégalais vivant en France, en vacances à Ziguinchor, de témoigner : « Je ne voulais pas du tout que ma fille subisse cette violence. Mais, je suis obligé de le faire. Car ma mère était très fâchée contre moi. Elle m’a mis la pression pour que j’amène son homonyme afin qu’elle soit excisée. Je sais que c’est interdit par la loi et qu’on est passible de lourdes peines d’emprisonnement ».

26% est le taux de prévalence national des MGF au Sénégal. Des progrès notables ont été obtenus ces dernières années, entre 2013 et 2016, la prévalence de l’excision chez les filles âgées de moins de 15 ans, est passée de 18 à 14,6%. Toutefois des disparités régionales existent car, les régions de Tambacounda, Kédougou (Est) Sedhiou, Kolda, Ziguinchor (Sud), Matam (Nord) sont plus touchées avec des taux qui dépassent 75%.

Le Sénégal dispose d’une loi contre la pratique des MGF qui date de 1999. L’article 299 du Code pénal indique que sera puni d’un emprisonnement de 5 à 6 ans, quiconque aura porté ou tenté de porter atteinte à l’intégrité de l’organe génital d’une personne de sexe féminin par ablation totale ou partielle d’un ou plusieurs de ses éléments, par infibulation, par insensibilisation ou par un autre moyen. Une loi qui peine à être appliquée dans sa rigueur à cause de pesanteurs liées à la religion et aux coutumes dans certaines localités du pays.

Infosansfrontieres avec Source A

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