CONTRIBUTION : « ARRETEZ DE MANGER LES CASAMANÇAIS ! »

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Casamance, terre d’égalité sociale, havre de paix, jadis, devenue terre de méchanceté injustifiée, aujourd’hui. Depuis l’entrée de plusieurs partenaires financiers (ONG…) dans la guerre, plus précisément dans les années 2000, ont émergé de nouveaux hommes « les dieux-sauveurs». Dominateurs et imposants, ils sont l’incarnation des nouveaux seigneurs par qui tout passe et sans qui tout est bloqué. Autrement, ils pensaient détenir le monopole de la vérité. Réussissant à faire du conflit de la Casamance un mythe, un tabou qu’on n’osait pas discuter en public pour mieux « emprisonner » le peuple et assoupir leur sale besogne. Aujourd’hui, face à la montée en puissance de jeunes courageux qui ont comme sacerdoce : informer juste et vrai sans rien attendre en retour des moindres détails, nos seigneurs sont prêts à tout, même aux coups les plus retors pour ne jamais perdre, quitte à « manger les Casamançais ». Y a-t-il réellement des vérités indiscutables ?

Le Casamançais en tant qu’homme était intègre, solidaire, véridique et fier de lui. Il était également loyal, digne de confiance, doux et cherchant toujours à donner le meilleur de lui pour les autres. Travailleur et sociable, il s’engageait résolument à mettre fin à tout conflit ? Cela nous avait valu des années de vivre ensemble dans la paix, la cohésion, la concorde et surtout la confiance et la tolérance des diversités. Cependant, la crise ou guerre en Casamance, sous Wade, a enregistré l’entrée en force de plusieurs organismes œuvrant pour le retour de la paix. Cela a suscité convoitise et des groupuscules aussi louches se sont formés. A Dieu aux valeurs qui caractérisaient l’homme de la Casamance, welcome au type nouveau. Ce nouvel homme à l’esprit mesquin, terriblement jaloux, vengeur, d’une indéniable petitesse morale, narcissique et criminel, basculait la Casamance dans une situation de ni paix ni guerre profitable à leur bon vouloir.

Ce changement est plus visible sur le champ de la recherche de la paix en Casamance où certains acteurs, pour avoir toujours une main mise sur le processus, n’hésitent pas à « liquider » d’autres pour s’affirmer. Leur manque d’état d’âme, de remord ou de conscience peut être si extrême quand on leur oppose une vision contraire, quand on dénonce leurs démarches ou quand on alerte l’autorité supérieure. Ils voient en toi un ennemi à abattre forcément. Pensent-ils plus concernés ou plus sensibles que nous autres qui vivons et souffrons des affres de la guerre ? Eux qui trouvent demeure dans les hôtels de la place. Ou pensent-ils détenir le monopole de la vérité, du savoir sur la crise en Casamance ?  Au moment où j’imprime ces lignes, certainement, ils sont en train de voir comment me « manger » à mon tour, car je dénonce.

En effet, la vérité n’est ni un fait ni une donnée. Au contraire, elle doit toujours être recherchée. Dans le cas d’espèce, la recherche de la paix en Casamance n’est et ne sera jamais l’affaire d’un groupe, d’un homme ou d’une femme. Trouver la ou les solution (s) de paix dans notre chère Casamance, c’est dans l’inclusion totale, la considération de toutes les opinions, dans la diversité culturelle, ethnique et religieuse que nous pouvons ensemble, solidairement, bâtir cette Casamance rêvée depuis plus de 37 ans. Pourquoi donc certains n’hésitent pas à écarter, par tous les moyens, d’autres dans ce processus de paix pour être incontournables ? De quel légitimé s’érigent-ils ? Nul n’est indispensable, figurez-vous.

En regardant de très près, nous comprenons que c’est la manne financière (des milliards) et les opportunités qui s’offrent à eux qui entrainent cet état de fait. La fin justifiant les moyens, bien sûr, quiconque s’aventurait à les mettre face à leur propre échec est froidement « liquidé ». Car, pour eux, il ne faut pas fonder une relation sur la symétrie, il faut dominer l’autre et le mettre dans l’impossibilité de réagir.

Si aujourd’hui nous sommes quasi dans l’impasse, il ne faudrait pas imputer tout à l’Etat qui n’a de cesse poser des actes allant dans le sens de la paix. L’Etat à lui seul ne peut pas faire la paix car l’Etat c’est nous Casamançais. Combien d’innocents croupissent en prison ? Combien d’innocents sont-ils  morts ? A qui la faute ? Pensez-vous que c’est l’Etat central ? Non, c’est encore nous Casamançais. A cette catégorie de fils et de filles de la Casamance qui, par leur mégalomanie, leur narcissisme, voire leur paranoïa, tuent leurs frères, leurs sœurs…pour des privilèges, « mangent les Casamançais » à l’autel de leurs intérêts personnels. Comment voulez-vous dans une atmosphère de sentiments négatifs où une catégorie n’éprouve aucun respect pour les autres qu’ils considèrent comme des objets utiles à leurs besoins ou servant leurs intérêts qu’on trouve une paix, qui en réalité ne les arrangent pas ?

En définitive, pour une paix en Casamance, il faut bannir la morale ou la loi du plus fort et/ou du plus rusé, du plus retors, de la jalousie, la rancœur, l’avarice, la haine ou la frustration et cesser définitivement de « manger les Casamançais ».

Arrêtez !

Par Nicolas Silandibithe BASSENE

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