LUTTE CONTRE LE COVID-19 : la piste du vaccin contre la tuberculose alimente l’espoir

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La piste est sérieuse et les effets cliniques se multiplient à travers le monde. Plusieurs chercheurs se penchent actuellement sur le vaccin BCG dont les effets sur les défenses immunitaires sont évidents, pour lutter contre l’épidémie de coronavirus.

Le BCG, ou Bacille de Calmette et Guérin a déjà été administré à plus de trois milliards de personnes à travers le monde comme vaccin contre la tuberculose. Aujourd’hui, il constitue un espoir certain dans la lutte contre le Corona virus selon plusieurs chercheurs du monde entier, qui ont lancé plusieurs essais cliniques pour évaluer son efficacité dans le traitement du CoVid-19.

« Bien qu’à l’origine développé contre la tuberculose et toujours administré à plus de 130 millions de bébés chaque année, le BCG accroît également les capacités immunitaires de base de l’organisme, en l’aidant à répondre aux germes avec plus de force« , ont expliqué les chercheurs dans un communiqué en date du 27 mars.

Le lien entre le taux de vaccination au BCG et le taux de mortalité face au CoVid-19 est un fait sur lequel se sont accordés les différents essais. Selon l’Inserm, « des études épidémiologiques ont montré de façon intéressante une corrélation entre taux de vaccination au BCG et taux de morbidité et de mortalité face au CoVid-19 ».

Laurent Lagrost, directeur de recherche à l’Inserm a expliqué que « lorsqu’il y a une couverture vaccinale BCG importante dans un pays donné, nous nous apercevons que la gravité de la maladie CoVid-19 est moindre (Ndlr: Japon et Corée). En revanche, nous constatons qu’au sein des pays qui n’ont pas eu cette politique vaccinale, notamment l’Italie et les États-Unis, il apparaît aujourd’hui que les formes plus sévères de la maladie semblent plus fréquentes. »

Le BCG et ses effets protecteurs contre les infections respiratoires 

L’efficacité du BCG contre le CoVid-19 serait liée au fait qu’il s’agisse, comme celui contre la rougeole ou la poliomyélite, d’un vaccin vivant : constitués de virus ou de bactéries atténués, « ils créent une infection a minima » et « induisent une protection immunitaire proche de celle qui fait suite à une infection naturelle : rapide et généralement durable », explique le site de Vaccination Info Service. Ainsi, ces vaccins auraient un effet bénéfique sur certaines infections, notamment respiratoires lorsqu’il s’agit du BCG. « Il pourrait permettre de diminuer l’importance de l’infection au virus SARS-CoV-2 en stimulant la mémoire de l’immunité innée, première immunité à entrer en jeu face à une infection, et en induisant ainsi une ‘immunité innée entraînée », explique l’Inserm.

Une piste prometteuse, mais la prudence est de mise

Le filet d’espoir s’est fait vacarme, des essais cliniques ont été lancés dans plusieurs pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Espagne. Par exemple en  Australie, le vaccin sera testé, sur 4 000 personnes du milieu sanitaire. L’Institut Pasteur a mis en place un essai clinique en France sur le vaccin contre la tuberculose qui était obligatoire entre 1960 et 2007.

La piste du BCG est certes sérieuse et prometteuse, mais les chercheurs restent prudents : « elle nécessite d’être explorée au sein d’essais cliniques rigoureux. Aucune donnée ne permet à ce jour de recommander une vaccination au BCG pour se protéger du CoVid-19 », insiste l’Inserm.

A noter qu’avec les essais cliniques, il faudra suivre les participants pendant 2 à 3 mois pour disposer des données fiables.

Une aubaine pour le continent africain ?

Le continent africain est en tête de liste des zones géographiques à forte incidence tuberculeuse selon les estimations de l’OMS. D’où la recommandation par l’Organisation de la vaccination au BCG pour les enfants dès la naissance. En Afrique subsaharienne, la vaccination au BCG est inscrite dans le programme élargi de vaccination, systématiquement appliqué dans tous les pays. Sûr et efficace (le BCG) protège les enfants contre les formes graves, mais il n’induit pas de protection à vie contre la tuberculose pulmonaire. La vaccination doit être réalisée entre la naissance et 3 mois.

L’importance de la couverture vaccinale BCG au Sénégal et dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne pourrait réduire la gravité de la maladie CoVid-19 si l’on se réfère aux hypothèses des chercheurs susmentionnés. Reste à savoir si les africains  sont prêts à faire l’objet de tests contre le CoVid-19 de quelque nature que ce soit.

Par Aïssata Samba Bâ (www.infosansfrontieres.com)

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