Arrestation d’une militante pro-démocratie au Togo: Haro sur les dérives autoritaires de Faure Gnassingbé!

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Depuis le 28 novembre 2020, la coordinatrice régionale pour l’Afrique de l’ouest de Femmes, Droit et Développement en Afrique (WiLDAF/FeDDAF-AO), Mme Kafui ADJAMAGBO-JOHNSON, est détenue dans les locaux du Service Central de Recherches et d’Investigations Criminelles (SCRIC). Après 155 heures de garde à vue, la coordonnatrice de la Dynamique Monseigneur Kpodrzo (DMK), un regroupement de partis d’opposition et d’organisations de la société civile au Togo, a été placée sous mandat de dépôt. De même que le Chargé des affaires sociales et des droits de l’Homme du DMK, M. Gérard Yaovi Djossou, arrêté le 27 novembre, dont la garde à vue a été de 192 heures. La Justice togolaise les poursuit pour rassemblement de malfaiteurs et atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat.

Les membres de DMK ont été interpellés alors que leur plateforme s’apprêtait à organiser une grande manifestation à Lomé pour dénoncer les résultats de l’élection présidentielle de février 2020 et le harcèlement judiciaire contre des opposants.

Selon l’article 14 de la charte fondamentale togolaise, l’exercice des droits et libertés garantis par la Constitution “ne peut être soumis qu’à des restrictions expressément prévues par la loi et nécessaires à la protection de la sécurité nationale, de l’ordre public, de la santé publique, de la morale ou des libertés et droits fondamentaux d’autrui”..

Il faut relever en outre que les dérives autoritaires au Togo ne datent pas d’aujourd’hui et que la situation s’aggrave au fur et à mesure. En janvier 2019, le tribunal de Lomé a condamné un jeune activiste dénommé Folly Satchivi à 36 mois de prison dont 12 mois avec sursis. Il était poursuivi pour “trouble aggravé à l’ordre public et apologie de crime et délits”. Responsable du mouvement “En aucun cas”, ce jeune de 23 ans avait été arrêté le 22 août 2018, alors qu’il tentait d’organiser une conférence de presse jugée “illégale”. Par le passé, il avait été condamné en juin 2017 à 12 mois de prison avec sursis par le tribunal de Lomé à la suite de manifestations sur le campus de l’université de la ville.

A noter aussi que dans cette décennie, le recul démocratique a été notoire au Togo. Se réfugiant derrière des raisons sécuritaires, il y a eu de fortes restrictions aux manifestations publiques. Deux lois ont été votées dernièrement en 2019 excluant certaines zones et certains axes lors des manifestations. Aussi, les réunions ou les manifestations pacifiques sur la voie publique et dans les lieux publics ne doivent plus se tenir avant 11h00 et au-delà de 18h00.

AfricTivistes dénonce ce recul démocratique et ces violations des droits et libertés fondamentales au Togo. Nous fustigeons l’arrestation de Mme Kafui ADJAMAGBO-JOHNSON. Nous pensons que le pouvoir togolais se trompe lourdement en associant Mme Kafui ADJAMAGBO-JOHNSON, qui est aussi la coordinatrice régionale pour l’Afrique de l’ouest de Femmes, Droit et Développement en Afrique (WiLDAF/FeDDAF-AO), à un regroupement de malfaiteurs.

AfricTivistes pense que le Président Faure Gnassingbé a depuis longtemps déclaré la guerre à la société civile dans son pays. En effet, rien ne peut justifier cet acharnement contre les defenseurs des droits humains et en particulier cette femme d’honneur qui dirige une organisation de défense des droits des femmes et qui s’est toujours battue pour cette cause.

AfricTivistes tient à rappeler aux autorités togolaises la nécessité de respecter les droits inaliénables de leurs populations et de revenir sur cette série de décisions violant la constitution togolaise et les chartes fondamentales de protection des droits humains.

AfricTivistes note de plus en plus de dérives autoritaires de la part du régime de Faure Gnassingbé. Nous pensons que ce dernier doit revenir à la raison et veiller au respect des droits et libertés fondamentales.

AfricTivistes dénonce cette instrumentalisation de la justice pour étouffer l’engagement de Mme Kafui ADJAMAGBO-JOHNSON dont le seul but, a été toujours, la recherche de la justice sociale et la prospérité partagée pour le Togo.

AfricTivistes demande au Procureur de la République de classer sans suite cette affaire qui ne révèle aucun élément sérieux de fait de nature à déstabiliser les institutions de la République ou à caractériser un groupement de malfaiteurs.

AfricTivistes exhorte le gouvernement togolais à revoir les lois et les règlements qui restreignent la liberté de manifestation et d’expression.

AfricTivistes renouvelle sa demande à la communauté internationale de porter un regard attentif sur le niveau de démocratie au Togo et les dérives autoritaires du régime de Faure Gnassingbé.

AfricTivistes demande en définitive à la société civile africaine et internationale de se mobiliser pour la restauration des droits et libertés au Togo.

Dakar, le 12/12/2020

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